Abidjan, 3 décembre 2018 (SM)- Le président de la Confédération africaine de football (CAF) a annoncé lundi, sur la chaine de télévision Afrique Média, que la Côte d’Ivoire n’organisera plus la Coupe d’Afrique des nations (CAN) en 2021.

Selon Ahmad Ahmad, cette décision fait suite au retrait de l’organisation de la compétition de l’édition 2019 au Cameroun.

« Nous avons décidé de décaler le Cameroun en 2021 et la Côte d’Ivoire en 2023 », a expliqué le président de la CAF.

Vendredi, le comité exécutif de la CAF s’est réuni à Accra (Ghana) pour retirer l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun. Au motif que ce pays n’était pas prêt, notamment avec un taux de réalisation des infrastructures non satisfaisant.

Lundi, le Malgache Ahmad Ahmad a déclaré que la Côte d’Ivoire sera dans la même situation que le Cameroun, à quelques mois de la tenue des compétitions. D’où sa décision d’opérer un décalage de date pour les deux pays.

 

TBO


Indiscutablement, Didier Drogba, qui a disputé son dernier match professionnel jeudi 8 novembre avec le Phoenix Rising FC, restera l’un des meilleurs attaquants de l’histoire du football africain, et même du football international. Celui qui raccroche les crampons à l’âge de 40 ans laisse derrière lui l’image d’un grand professionnel, doublé d’un homme de paix et de dialogue, comme il l’a montré lors des conflits qui ont ravagé son pays, la Côte d’Ivoire.

 « Tous les jeunes joueurs que j’entraîne rêvent de devenir comme lui. Je le cite souvent en exemple », explique Romaric N’Dri, son ancien coéquipier en sélection, actuel entraîneur de l’équipe B de l’ASEC Mimosas, à Abidjan : « Ici, c’est une idole, un exemple pour le peuple ivoirien. Et même une légende… », ajoute-t-il, pesant ses mots. Appelé en sélection nationale à 106 reprises entre 2002 et 2014, Didier Drogba est le troisième joueur le plus capé de la Côte d’Ivoire, derrière Didier Zokora (121) et Kolo Touré (118). Mais de tous, cet enfant du quartier de Yopougon reste le meilleur buteur (66 buts).

L’idole du Stade-Vélodrome

Né en 1978 d’un père employé de banque et d’une mère dactylo, Didier Drogba quitte à 5 ans la capitale économique ivoirienne pour la France, où son oncle Michel Goba mène une carrière de footballeur professionnel. Contraint de rentrer chez lui au bout de trois ans pour des raisons administratives, le jeune Ivoirien revient en France quelques mois plus tard. Il sera rejoint par ses parents, ses frères et sœurs en 1991.

Avant d’intégrer le centre de formation du Mans en 1997, où il signe un an plus tard son premier contrat professionnel, Didier Drogba a déjà l’expérience de plusieurs clubs dans la catégorie junior. De Dunkerque à Levallois, en passant par Abbeville, Tourcoing et Vannes, l’adolescent multiplie les expériences formatrices. Révélé à Guingamp (2002-2003), il est vite transféré à Marseille, où il devient l’idole du Stade-Vélodrome en une seule saison (2003-2004).

Mais c’est à Chelsea (2004-2012) qu’il s’installe parmi les meilleurs attaquants de la planète. En championnat d’Angleterre, il remporte son premier trophée en 2005. La saison 2009-2010 est aussi sa plus prolifique, puisqu’il inscrit 44 buts en club et en sélection. La victoire en Ligue des champions face au Bayern Munich, en 2012, reste comme l’un des plus grands moments de sa carrière : l’Ivoirien, après avoir égalisé en fin de match, marque le penalty décisif lors de la séance de tirs au but.

Devenu le premier joueur africain à avoir atteint 100 buts en Premier League anglaise en mars 2012, il quitte Londres pour un périple de deux ans qui le conduit à Shanghaï Shenhua (Chine) puis au Galatasaray Istanbul (Turquie). Après un retour à Chelsea (2014-2015), il s’envole pour le continent nord-américain (Impact Montréal, puis Phoenix Rising FC, un club dont il est actionnaire), où il n’enrichit pas son palmarès.

« Il a gagné le cœur des Ivoiriens »

Très attaché à son pays, Drogba a mis un terme à sa carrière internationale après la Coupe du monde 2014 au Brésil, sans avoir jamais remporté le moindre titre avec la Côte d’Ivoire, malgré deux finales de Coupe d’Afrique des nations (CAN), en 2006 et 2010, et trois Coupes du monde (2006, 2010 et 2014). Pourtant, « il a gagné le cœur des Ivoiriens, et cela vaut tous les trophées », résume l’ancien international Issoumaïla Dao, désormais entraîneur adjoint à Toulouse : « Pour lui, porter le maillot de son pays a toujours été un honneur. Il est très patriote et ce qu’il a gagné en clubs [18 titres] a permis à certains de placer la Côte d’Ivoire sur une carte. Didier donnait tout sur le terrain et en dehors. C’était un vrai capitaine»

« C’est un grand professionnel qui a toujours pris soin de son corps et fait attention à la récupération et à l’hygiène de vie. C’est aussi pour ça qu’il était un leader, en plus de ses qualités de joueur », complète Romaric N’Dri.

C’est en septembre 2002, alors qu’il vient de signer à Guingamp, que l’attaquant honore sa première sélection, face à l’Afrique du Sud à Abidjan. « Il n’a pas hésité à devenir international ivoirien alors qu’il possédait aussi la nationalité française. Il s’est vite adapté au groupe, en se montrant très respectueux de la hiérarchie », se souvient Robert Nouzaret, le sélectionneur des Eléphants de 2002 à 2004, qui a vite acquis la certitude que ce garçon au tempérament de chef était fait pour être « leader de cette équipe ». « Son charisme, sa personnalité, son professionnalisme et son investissement ont vite fait de lui un meneur, dans le bon sens du terme », insiste-t-il.

Au sein de la sélection ivoirienne, où se côtoient de fortes personnalités, Didier Drogba se veut rassembleur. « Didier est un fédérateur. On lui a demandé beaucoup, parfois trop. On se reposait peut-être trop sur lui. Comme dans toutes les équipes, il y a des affinités, mais Didier était entièrement tourné vers la réussite de l’équipe », reconnaît l’ancien gardien de but Gérard Gnanhouan.

Le match de la « réconciliation »

L’attachement de l’Abidjanais à son pays a été symbolisé par deux actions fortes. La première a pour théâtre le vestiaire du stade d’Omdurman, dans la banlieue de Khartoum, où la Côte d’Ivoire, grâce à une victoire face au Soudan, se qualifie pour sa première Coupe du monde, en octobre 2005. Alors que son pays est en pleine guerre civile, Drogba attrape un micro et fait une déclaration en direct à la télévision ivoirienne, entouré de ses coéquipiers, qui, ensuite, prieront tous ensemble, chrétiens et musulmans mélangés.

« Ivoiriennes, Ivoiriens, on vous a prouvé que toute la population de Côte d’Ivoire peut cohabiter et jouer ensemble pour un même objectif. Aujourd’hui, on vous le demande à genoux : un pays qui a toutes ces richesses ne peut pas sombrer dans la guerre. Déposez les armes ! Organisez des élections ! », lance-t-il alors.

Puis, alors que le processus de paix est engagé, Didier Drogba se rend, en mars 2007, à Bouaké, la ville des rebelles. Il est accueilli par une foule en liesse et promet qu’il reviendra avec la sélection. Le 6 juillet, les Eléphants y accueillent Madagascar en match de qualification pour la CAN 2007 ; et Drogba, auteur du dernier but, scelle de la plus belle des manières « le match de la réconciliation ».

Ces deux actions, hélas, n’empêcheront pas le pays de sombrer de nouveau dans la violence, en 2011. « Il n’a jamais voulu s’exprimer sur son orientation politique et c’est tout à son honneur, souffle Issoumaïla Dao. Ça ne l’a pas empêché de contribuer, pendant quelques années, à la paix en Côte d’Ivoire. Pour tout ce qu’il a fait, je dis chapeau l’artiste ! »

Source :  Le Monde Afrique

 


Dossier/Sport et diplomatie : quelles relations ?

mercredi, 25 juillet 2018 00:00 Écrit par

Le sport et la diplomatie font-ils bon ménage ? Oui, peuvent dire Américains et Chinois en raison de la reprise de leurs relations entamée officiellement en 1972 grâce à une tournée de tennis de table. Non, peuvent dire Honduriens et Salvadoriens après un match de foot qui a déclenché une guerre entre les deux pays en 1969.

u VIIIe siècle avant J.-C., les Grecs avaient établi la Trêve (ekecheiria) en tant que principe sacré de l’olympisme. Les cités, dont les athlètes participaient aux Jeux olympiques, s'engageaient alors à cesser les hostilités (fréquentes) sept jours avant et après les épreuves pour permettre le libre passage des sportifs. Il y avait donc déjà, en quelque sorte, une diplomatie du sport avant l’heure.

Aujourd’hui, le Comité international olympique a pour mission «de mettre le sport au service de l'humanité et de promouvoir la paix» Les anneaux entendent ainsi «symboliser le respect par l’union de toutes les nations et de tous les continents sans qu’il y ait discrimination». Vaste  programme… Au-delà de l’idéalisme de Pierre de Coubertin, rénovateur des J.O. au XIXe, surgit une question : les Jeux, et en général le sport, peuvent-ils être les vecteurs de la diplomatie ? Deux exemples contradictoires : l’Inde et le Pakistan d’un côté ; le Honduras et le Salvador, de l’autre.

Dans le premier cas, la «diplomatie du cricket» a permis de rapprocher deux pays aux relations chaotiques, où ceux qui pratiquent ce sport à un haut niveau ont quasiment la stature de héros antiques. Après une rupture diplomatique de 1961 à 1978, le contact entre les deux Etats est «renoué avec les cricket series de 1978», raconte un historien indien, Boria Majumda.


La "diplomatie du cricket" entre l'Inde et le Pakistan

 


Timesnowonline, le 28 mars 2011 (en anglais)

Exemple inverse : en juillet 1969, après des débordements entre supporters des équipes de football du Honduras et du Salvador au cours d’un match de qualification pour le Mondial, éclate… un conflit armé. Lequel fera 2000 morts.

Les grandes compétitions sportives et leur couverture médiatique mondiale, l’émotion qui en découle, ont toujours été récupérées par les pouvoirs en place. On se souvient ainsi de l’exploitation des Jeux de 1936 par le régime nazi qui en avait fait une vitrine de la prétendue «nouvelle Allemagne». De son côté, l’ex-RDA stalinienne tentait d’améliorer une image peu reluisante grâce aux performances de ses athlètes souvent dopés.

Mais au-delà, ce type d’évènement peut être le prétexte (au bon sens du terme) de subtiles manœuvres diplomatiques. On l’a vu en 2009 lors d’un match de foot entre la Turquie et l’Arménie. Il y eut aussi la «diplomatie du ping pong» en 1971 entre la Chine maoïste et les Etats-Unis, alors plus qu’en froid. L’équipe américaine de tennis de table avait alors été invitée (pour la première fois depuis 1949) par son homologue chinoise à une tournée dans l’Empire du  Milieu, prélude à une visite du président Nixon à Pékin (1972). «Le bruit des balles sur la table [a été] entendu dans le monde entier», avait alors noté l’hebdomadaire Time.

fancetvinfo.fr


Khadim N’Diaye, 33 ans, gardien de but, Horoya AC (Guinée), 16 sélections avec le Sénégal qui entre en lice ce mardi contre la Pologne (groupe H).

«Au Sénégal, on a tendance à jouer les matchs avant que la compétition commence mais ce ne sera pas le cas cette fois. On arrive souvent à la CAN (la Coupe d’Afrique des nations) en étant trop confiants mais on ne refera pas les mêmes erreurs. C’est la Coupe du monde, là. On a appris de nos déceptions. Au Sénégal, c’est souvent compliqué, rien ne se passe simplement. On a pour nous d’avoir le même coach depuis un moment (Aliou Cissé, depuis mars 2015). On a de bons résultats, on est la première équipe africaine au classement Fifa (la 2e en réalité, derrière la Tunisie) et nous sommes qualifiés pour la Coupe du monde.

«Je compte seize sélections mais je suis là depuis 2009. Je n’ai pas raté un rassemblement depuis trois ans, je fais partie des meubles. C’est pour ça que je suis seul en chambre. On est arrivés il y a une semaine au Royal Hôtel de Kalouga (à 160 km au sud-ouest de Moscou). On a fait une grosse préparation fin mai à Vittel (Vosges) et ensuite on a enchaîné trois matchs amicaux. Une victoire en Autriche contre la Corée du Sud (2-0), un nul au Luxembourg (0-0) et une courte défaite en Croatie (1-2), notre meilleur match, où on n’a pas démérité. Nos entraînements ? Je ne vais pas vous en parler, on ne dévoile pas nos secrets… On travaille et on avance.

«On attend ce moment depuis longtemps, c’est notre deuxième Coupe du monde seulement. En 2002, le Sénégal avait été glorieux (quarts de finale). Maintenant, c’est à notre tour d’écrire notre page et à la fin on verra si notre page est plus riche que la leur. En Russie, on va faire honneur au drapeau. Sur le terrain, on sera onze contre onze. Si chacun fait ce qu’il à faire, si on se dépouille les uns pour les autres, on ira loin. On n’a pas encore étudié les autres équipes du groupe mais ça ne va tarder. De toute façon, la seule sélection qui m’inquiète, c’est le Sénégal. On est capables de tout, du meilleur comme du pire. On est nos propres adversaires. Sur le terrain, il y a rien qui nous effraie. Derrière et au milieu, on a des guerriers (Koulibaly, Ndoye, Gueye…) et des attaquants pour faire la différence comme Sadio Mané (Liverpool), Keita Baldé (Monaco) ou M’Baye Niang (Torino) avec qui je suis en ce moment. On joue au Uno, ça nous vide la tête, on rigole et ça passe le temps avant que les choses sérieuses commencent. On est prêts à tout.»

avec Liberation.fr


La Coupe du monde, une invention française

samedi, 16 juin 2018 00:00 Écrit par

Alors que le Mondial de football démarre en Russie, retour sur les origines de la compétition.

 

Trois heures, c’est le temps qu’il a fallu en avion pour permettre à l’équipe de France de football de rallier son camp de base en Russie, à Istra, situé non loin de Moscou. Beaucoup d’autres délégations n’ont pas eu besoin d’une durée plus longue pour rejoindre le pays hôte de la compétition. Quel changement logistique par rapport à la première édition du Mondial, en 1930, quand les nations européennes mettent deux semaines en bateau pour rallier l’Uruguay. C’est d’ailleurs pour cette raison - un long voyage - que plusieurs équipes européennes déclinent l’invitation de la Fédération internationale (la Fifa) pour ce rendez-vous inaugural. A l’arrivée, seules quatre formations du Vieux-Continent (la Belgique, la France, la Roumanie et la Yougoslavie) décident de participer et de traverser ainsi l’Atlantique.

 

A dire vrai, la problématique du transport n’est pas le seul motif pour lequel de nombreux pays décident de rester au pays. La crise de 1929 est encore dans toutes les mémoires, ses secousses continuent à se faire sentir et aux yeux de plusieurs capitales, disputer un grand tournoi loin de leurs bases ressemble à du luxe. L’Uruguay n’a pas été choisi par hasard pour accueillir la compétition : non seulement la Fifa trouve que c’est une bonne occasion pour ce pays de célébrer le centenaire de son indépendance mais un stade monumental va être construit spécialement pour l’occasion. Déjà la passion fourmille dans les tribunes.        

 

Derrière la Fifa et l’organisation de cette première Coupe du monde, il y a aussi un homme, Jules Rimet, un Français dont le parcours est aussi riche qu’éclectique. Cet avocat, issu d’un milieu modeste, est aussi un passionné de sport en général et de football en particulier. Après une enfance non loin de Vesoul, il fait ses premières armes en région parisienne avec la création du club omnisports du Red Star, toujours basé à Saint-Ouen. En 1919, il prend la direction de la Fédération française de football association, tout juste créée. Deux ans plus tard, il pilote également la Fédération internationale. Rimet, qui croit au développement d’un sport professionnel, n’en poursuit pas moins des visées humanistes. Celui qui s’est forgé à la lumière d’un catholicisme social, pense fermement que les joutes sportives sont un excellent moyen pour tous les individus  - et par extension les nations - de se rapprocher.

 

A l’arrivée, c’est encore un Français, Lucien Laurent, qui inscrit le premier but de la compétition de 1930. Toujours sur le plan sportif, ce sont les deux équipes favorites, l’Argentine et l’Uruguay qui disputent la finale de cette édition inaugurale : la seconde l’emporte à domicile, devenant ainsi la première nation couronnée. En 1950, la «Céleste», c’est ainsi que l’on surnomme l’équipe d’Uruguay, l’emportera à nouveau, face au Brésil cette fois.  

Source: Historia


Géopolitique du football

samedi, 16 juin 2018 00:00 Écrit par

La Coupe du monde existe depuis 1930, mais ce n’est que récemment que le football est devenu un phénomène planétaire. La composition du plateau final de la Coupe montre bien le phénomène de mondialisation : avec trente-deux équipes de tous les continents, elle sera la première représentative de la planète. De surcroît, les événements géopolitiques récents ont eu des répercussions sur l’organisation du football.

e football est un élément constitutif des relations internationales contemporaines que l’on ne peut plus limiter aux seules relations diplomatiques entre Etats. Il n’est, en effet, pas d’aspect desdites relations qui ne puisse être appliqué au football.

On pourrait ainsi parler d’une « géopolitique du football » et étudier comment celui-ci a conquis le monde. Parti d’Angleterre, c’est par les ports qu’il a commencé à se constituer en un empire planétaire, lorsque, au Havre (premier club professionnel français), à Barcelone, Marseille, Bilbao, Hambourg ou Gênes, les habitants voulurent imiter les commerçants anglais qui comblaient leurs temps morts en y jouant. La pénétration du football s’est poursuivie en Europe et en Amérique latine par le chemin de fer, et la télévision a parachevé cette conquête à l’échelle mondiale. N’y a-t-il pas, dans cette façon de constituer un empire - de façon pacifique et avec l’adhésion enthousiaste des peuples conquis -, un parallèle à établir avec les conquêtes militaires ?

En termes géopolitiques, le football de la seconde moitié du XXe siècle serait ainsi un monde où règne une seule superpuissance - le Brésil -, loin devant une brochette de puissances moindres (Allemagne, Italie, Angleterre, Argentine, France, etc.), incapables de rivaliser avec le leader mondial, mais se détachant nettement des autres Etats. On voit le parallèle qui peut être fait avec la situation stratégique actuelle, fût-ce avec des acteurs différents - à la nuance près que jamais une puissance dominante n’a autant suscité la sympathie universelle et l’admiration de tous. La superpuissance brésilienne exporte largement ses footballeurs. En dix ans, 2 000 joueurs professionnels ont quitté le pays pour jouer aussi bien en Espagne, en France et en Angleterre qu’à Malte, au Japon ou en Chine. Rien qu’en 1997, 500 joueurs brésiliens ont rejoint des championnats étrangers. Le soleil ne se couche jamais sur l’empire brésilien du football.

Dans cette géopolitique du football, on pourrait, de la même manière, appliquer au Brésil la fameuse formule prononcée par Georges Clemenceau à propos des Etats-Unis - sur le plan diplomatique :

« C’est un pays d’avenir, et qui le restera longtemps. » Le football est certainement le phénomène le plus universel, beaucoup plus que la démocratie ou l’économie de marché, dont on dit qu’elles n’ont plus de frontières, mais qui ne parviennent pourtant pas à rivaliser avec son étendue.

On sait, depuis Marshall Mc Luhan, que le monde est un village planétaire, mais ses habitants les plus connus sont. certainement Ronaldo, Platini, Gascoigne et consorts. Alors que l’Organisation des Nations unies (ONU) a 186 membres, la Fédération internationale de football association (FIFA) en compte 198, dont l’Irlande du Nord, l’Ecosse, l’Angleterre et le pays de Galles. Réunis, ils forment le Royaume-Uni à l’ONU, mais existent de façon séparée pour le football. A l’heure où certains observateurs s’interrogent sur l’avenir du Royaume-Uni, on peut ainsi se demander si la représentation de la FIFA est le signe d’une originalité des créateurs du football ou la préfiguration de sa représentation politique.

Les autres membres de la FIFA non représentés à l’ONU sont Anguilla, les Antilles néerlandaises, Aruba, les Bermudes, les îles Caïman, Vierges, Féroé, Cook, Tahiti, Montserrat, Porto Rico, la Macédoine, la Suisse, la Palestine, Taïpeh, Hongkong et Guam. Ce sont donc des micro-Etats, dont la reconnaissance est contestée, ou encore des entités ayant une relation plus souple avec la métropole. Sont, en revanche, membres de l’ONU sans être affiliés à la FIFA les Comores, l’Erythrée, les îles Marshall, la Micronésie, Monaco, la Mongolie, Palau et Samoa. M. Joao Havelange aujourd’hui, son successeur demain, seraient-ils des personnages aussi importants que M. Kofi Annan, secrétaire général de l’ONU ?

La Coupe du monde existe depuis 1930, mais ce n’est que récemment que le football est devenu un phénomène véritablement planétaire. Cette année, 37 milliards de téléspectateurs, en audience cumulée, vont suivre le Mondial ; à titre de comparaison, on estime que 12 milliards de personnes (toujours en audience cumulée) ont suivi les derniers Jeux olympiques d’hiver à Nagano (Japon) et 20 milliards ceux d’été à Atlanta (Etats-Unis) en 1996.

La composition du plateau final de la Coupe du monde montre bien le phénomène de mondialisation : avec trente-deux équipes issues de tous les continents, elle sera la première réellement représentative de la planète. Le Mondial n’est plus l’affaire quasi exclusive de l’Europe et de l’Amérique latine ; l’Amérique du Nord mais surtout l’Afrique et l’Asie y prennent une place croissante.

Les événements géopolitiques récents ont, bien sûr, eu des répercussions sur l’organisation du football ; mais celui-ci a rétroagi partiellement sur eux et n’a pas eu qu’un rôle passif. L’implosion des empires multinationaux européens en plusieurs Etats a ainsi eu pour effet direct la multiplication des équipes nationales en Europe. Les équipes soviétique, yougoslave et tchécoslovaque n’existent plus et ont laissé place à respectivement quinze, cinq et deux équipes nationales.

Abandonner son nom

Mais il n’est pas innocent de constater que, parmi les premières manifestations de volonté des nouveaux Etats indépendants, figurait la demande d’adhésion à la FIFA Comme si elle était aussi naturelle et nécessaire que celle à l’ONU ; comme si la définition de l’Etat ne se limitait plus aux trois éléments traditionnels - un territoire, une population, un gouvernement-, mais qu’on doive y ajouter un quatrième tout aussi essentiel : une équipe nationale de football ; comme si l’indépendance nationale se caractérisait à la fois par la possibilité de défendre ses frontières, de battre monnaie et de disputer des épreuves internationales de football.

Il est certain que, pour de jeunes Etats, où le sentiment national était fragile ou se sentait menacé, sa solidification a été, plus qu’on ne le croit, aidée par le football, qui a servi de fédérateur à une communauté parfois traumatisée. C’est le président croate Franjo Tudjman lui-même qui a demandé que le club Dynamo de Zagreb abandonne son nom historique pour prendre celui de Croatia, déclarant que le nom « Croatia », contribuerait à l’affirmation de la Croatie, alors que le nom « Dynamo » aurait signifié, aux yeux du monde occidental, que les habitants de ce pays ne sont pas encore « libérés de l’héritage bolchevique et balkanique ». L’équipe nationale n’est donc pas le simple résultat de la création d’un Etat : elle aide souvent à forger la nation.

Le football tient aussi une place éminente dans l’affirmation nationale de pays nouvellement indépendants. Il peut ainsi précéder la reconnaissance diplomatique. En 1958, l’équipe du Front de libération nationale (FLN), composée de joueurs algériens ayant acquis une célébrité en France, s’est lancée dans une grande tournée mondiale qui anticipa la reconnaissance diplomatique de l’Algérie.

En 1995, M. Pavel Katchatrian, secrétaire général de la Fédération arménienne de football, déclarait à l’International Herald Tribune : « Après tout ce qui s’est passé, la perte de tant de maisons et de tant de vies, les hommes dans les vestiaires ont la possibilité d’être un pays. » Et le journaliste, se référant aux deux matches nuls obtenus par l’équipe arménienne contre l’Irlande du Nord puis le Portugal, soulignait : « Les points sont de l’or pour les pays renaissants. Ils symbolisent la nation, ils achètent de la reconnaissance. Ils sont une source de grande fierté. »

De la même façon, lorsque, en décembre 1995, un match oppose une sélection palestinienne à l’équipe du Variété Football-Club français, dont Platini fait partie, cela paraît, aux yeux des Palestiniens, comme un pas de plus sur la très longue route qui les conduit, de reconnaissance en reconnaissance, vers l’indépendance. Mais le phénomène ne joue pas que pour les Etats nouveaux ou naissants : les journalistes du très sérieux Economist de Londres ont failli s’étrangler lorsqu’ils ont découvert que, pour les jeunes Britanniques, la raison la plus souvent citée pour être fier d’être britannique était l’habileté nationale au football - et non le souvenir d’un grand empire ou d’autres motifs davantage liés au sens traditionnel de la puissance (1).

Les guerres n’opposent plus les Etats. La trentaine de conflits qui déchirent le monde se déroulent tous à l’intérieur des frontières d’un même Etat. On est passé des guerres interétatiques aux guerres intra-étatiques. Le football serait-il, dès lors, le dernier lieu d’affrontement direct entre pays rivaux ? « Le sport, c’est la guerre », titrait un numéro de Manière de voir (2). Le très traditionnel Times de Londres avait, de son côté, paraphrasé la formule de Clausewitz, pour lequel la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens : « Le football, continuation de la guerre par d’autres moyens » avant la demi-finale de l’Euro 1996 opposant l’Angleterre à l’Allemagne. Le motif en était-il seulement la revanche de la finale au résultat contesté de la Coupe du monde 1966 ou celui de la seconde guerre mondiale ?

Le sport est-il devenu un substitut au déferlement nationaliste ? Vient-il souffler sur les braises des passions nationales ? Est-il, dès lors, belligène, ou permet-il d’éviter un conflit par sublimation des antagonismes sur la pelouse ? Même s’il y a des heurts entre équipes et/ou entre supporteurs, ne sont-ils pas préférables à des affrontements militaires ? Le Mondial plutôt que la guerre mondiale !

« L’expansion internationale du sport repose sur le développement de l’interdépendance internationale et sur l’existence, malgré des exceptions notoires, d’une paix mondiale fragile et instable. Des épreuves sportives comme les Jeux olympiques permettent aux représentants de différentes nations de s’affronter sans s’entre-tuer, bien que la transformation de tels simulacres de combats en combats « réels » soit fonction, entre autres, du niveau de tension préexistant entre les Etats (3).  »

Il est impossible de ne pas évoquer, à ce sujet, la fameuse « guerre du football » qui a opposé, en 1969, le Salvador au Honduras, à la suite d’une rencontre qualificative de la zone Concacarf (Amérique du Nord, Amérique centrale et Caraïbes) pour la Coupe du monde 1970 (qui se déroulait au Mexique), une guerre qui durera quatre jours avant que l’Organisation des Etats américains (OEA) obtienne un cessez-le-feu et le retrait des troupes salvadoriennes. Croire que ce match de football, fût-il qualificatif pour la Coupe du monde, qui allait se jouer dans le Mexique voisin, est « responsable » de la guerre, est aussi exact que de dire que l’assassinat de l’archiduc Ferdinand à Sarajevo en 1914 est la cause de la première guerre mondiale : c’est, dans les deux cas, confondre l’épisode déclencheur et les causes réelles qui sont historiques, sociales, politiques.

Dans le cas présent, le Honduras a toujours joué, avec une densité de 18 habitants par kilomètre carré, le rôle de déversoir pour le Salvador, surpeuplé. Trois cent mille Salvadoriens étaient établis, la plupart illégalement, sur les terres honduriennes frontalières du Salvador. Des tensions très fortes dérivaient de cette situation. Par ailleurs, le gouvernement du Honduras avait, dans la confrontation avec le Salvador, le moyen de refaire une union nationale et de briser la contestation politique interne, qui demandait une réforme agraire.

En Yougoslavie, les premiers craquements de la Fédération ont pu être perçus à l’occasion d’un match opposant le Dynamo de Zagreb à l’Etoile rouge de Belgrade, le 13 mars 1990. Des affrontements graves opposent les supporteurs des deux clubs, qui sont croates pour le premier et serbes pour le second : il y a plus de 61 blessés graves. Dès 1989, les supporteurs croates criaient dans le stade lors des matches opposant les clubs croates aux clubs serbes : « Slobo [Slobodan Milosevic, le président serbe], tu n’échapperas pas au couteau. » L’Etat commun est, quant à lui, peut-être mort symboliquement le 26 septembre 1990 à Split, à l’occasion du match entre le Haïdouk de Split et le Partizan de Belgrade, quand les supporteurs du Haïdouk ont investi le terrain et brûlé le drapeau yougoslave. « Le premier événement a montré que les supporteurs serbes et croates ne pouvaient plus partager le même stade ; le second que l’Etat yougoslave n’avait plus d’autorité sur une bonne partie de son territoire (4).  » Le football a également été un moyen de punir la Yougoslavie. L’équipe yougoslave a été exclue de l’Euro 1992, Belgrade étant tenu pour responsable de la guerre. Pour la communauté internationale qui a pris cette sanction, c’était un moyen fort d’agir symboliquement contre Belgrade sans prendre de risques militaires. La décision a été très durement ressentie par les Serbes et marquait plus que toute autre leur exclusion de la communauté internationale (5). Les joueurs yougoslaves s’entraînaient déjà en Suède, où devait avoir lieu la phase finale, lorsqu’on leur a signifié cette exclusion. Ils furent remplacés par le Danemark, qui, bien qu’invité de dernière minute et n’ayant pas gagné sa qualification sur le terrain, allait remporter la finale contre l’Allemagne !

Une force symbolique

Mais le football peut également permettre, grâce à sa force symbolique, des réconciliations. Le Libérien George Weah, star du Paris-Saint-Germain puis du Milan AC, a fait beaucoup pour que son équipe nationale soit un élément d’unité dans un pays déchiré par la guerre civile. Son message de paix était largement facilité par son aura. De même, les vedettes de la défunte équipe yougoslave, et actuels partenaires au Milan AC, le Serbe Savicevic et le Croate Boban, amis dans la vie, pourraient servir de symboles à la réconciliation de ces deux pays, si évidemment les dirigeants de Zagreb et de Belgrade souhaitaient se réconcilier.

Le football est donc un reflet. Un match de football ne viendra pas déclencher un conflit entre deux pays qui entretiennent de bonnes relations ni apporter la paix à des Etats qui veulent en découdre. Son caractère hautement spectaculaire ne doit pas faire illusion. Le football n’est pas la cause de la guerre entre le Salvador et le Honduras ou du conflit en Yougoslavie. Il ne pourra à lui seul apporter la paix au Liberia. Mais il peut être un signe avant-coureur d’une situation qui se dégrade ou qui s’améliore. Il est l’un des moyens dont disposent les acteurs de la vie internationale pour en découdre ou se rapprocher. Il ne faut donc pas surestimer ni sous-estimer son importance.

C’est pour cette raison qu’il convient de considérer avec prudence les propos de M. Joao Havelange (6) déclarant vouloir organiser un match de football entre les sélections palestiniennes et israéliennes pour établir la paix, « car le football peut engendrer l’entente de deux peuples qui se tournent le dos depuis trop longtemps ». « Là où la politique, la diplomatie, les cercles financiers ont échoué dit-il, je crois que le football peut réussir. » M. Havelange voulait d’ailleurs, en 1998, proposer au président nord-coréen de former une équipe unifiée de la Corée pour la Coupe du monde de 2002 (7). Au-delà du caractère nécessairement mégalomane de celui qui dirige depuis 1974 la FIFA, il faut raison garder. Si les deux Corées ont politiquement décidé de se rapprocher, le football pourra être l’un des moyens mis à leur disposition pour opérer ce rapprochement ; mais l’amour du ballon rond, aussi fort soit-il, ne suffira pas à réunifier la Corée, pas plus qu’à résoudre le conflit israélo-palestinien. La FIFA ne pourra pas à elle seule réussir là où l’ONU, les Etats-Unis, la Russie, l’Europe, le pape et le monde arabe ont échoué.

Les critères de puissance internationale sont en train de connaître une profonde mutation. Sans vouloir entraîner le lecteur dans une typologie de la puissance, disons brièvement que les critères classiques (territoire, forces militaires, démographie, maîtrise technologique) font place, sans disparaître, à de nouveaux critères : la capacité d’influer, l’image, etc. Au hard power classique doit désormais s’ajouter le soft power. Le football, incarnation d’un Etat, image symbolique de la nation, apprécié presque universellement, contribue pour beaucoup à l’image et à la popularité d’un pays, au même titre désormais que les facteurs culturels.

Pascal Boniface

Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS). Ce texte reprend la communication présentée par son auteur lors du colloque « Football et relations internationales », organisé par l’IRIS, à Paris, le 24 mars 1998.

Koaci.com – Samedi 10 Février 2018 –La vie nous réserve parfois des surprises et le sport n’est pas en reste.

Qui aurait cru que le sort Rechercher sort d’Augustin Sidy Diallo Rechercher Sidy Diallo serait entre les mains Rechercher mains de son « ennemi » juré Jacques Bernard Anouma Rechercher Anouma ?

En effet, quand décision de convoquer les deux protagonistes de la crise qui secoue le football ivoirien à Zurich est tombée, le camp Sidy redoutait un tel scenario.

Pour ses partisans, la FIF Rechercher FIF et le G42 qui devait s’asseoir autour d’une table à Zurich devant les membres de la FIFA pour régler leur différend.

Malheureusement, pour Sidy et ses camarades, l’instance a décidé de consulter l’ex président de la FIF, par ailleurs médiateur de la FIFA pour donner son point de vue.

Il n’est plus un secret pour personne et même si l’ex argentier de la présidence ivoirienne n’a pas demandé le départ de son successeur, il a toujours accusé ce dernier d’avoir divisé le football ivoirien.

« Sidy n’est pas un rassembleur. La fif a besoin d’un président qui rassemble », indiquait –t-il après l’élimination des éléphants pour le mondial 2018.

Anouma va-t-il prendre sa revanche sur Sidy qui a refusé de cautionner sa candidature en 2013 pour la présidence de la CAF au profit du camerounais Issa Hayatou ?

Le 20 mars prochain promet des étincelles en Suisse. Qui de Sidy Diallo Rechercher Sidy Diallo et du G 42 reviendra à Abidjan avec le sourire ?

Donatien Kautcha, Abidjan


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